« L’été 2026 a été celui de tous les records et devient le plus chaud jamais observé depuis le début des mesures, en 1900. Cet été surpasse, de très loin, le précédent record, datant de 2003. » C’est ce que météo France a confirmé au début du mois de septembre.
Malgré un hiver parmi les plus pluvieux depuis 1959 entre Janvier et Mai, ayant rechargé les nappes phréatiques ; la situation s’est dégradée à partir du mois de juillet au niveau national, du fait du manque de pluie, de l’augmentation des prélèvements et de l’évapotranspiration liée aux différents épisodes caniculaires successifs. En effet, durant la saison estivale, les nappes phréatiques sont très sollicitées en raison des demandes simultanées des différents usagers : touristes, agriculteurs, ménages, industries etc. Dans le même temps, la hausse des températures augmente l’évaporation au niveau des sols.
Cet été, les phénomènes extrêmes que sont la sécheresse et les jours de canicules, ont perturbé en profondeur le fonctionnement de nombreux secteurs clés tels que l’agriculture, le bâtiment, l’éducation, les hôpitaux, la production d’énergie, le tourisme etc.
A la suite de cela, la commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire a créé une mission d’information flash chargée d’analyser le coût des fortes chaleurs et de la sécheresse de l’été 2026.
Les coûts détaillés par l’étude (Mission flash sur le coût de la canicule, Octobre 2026, Assemblée Nationale) reposent notamment sur une estimation :
- De la perte de production déjà réalisée à la date du troisième trimestre 2026 en termes de PIB
- Les dépenses publiques supplémentaires déjà engagées
- Le coût pour le budget et le patrimoine des ménages et des entreprises
- Les coûts à court et moyen terme des recommandations
Parmi eux, l’agriculture constitue l’un des principaux secteurs économiques pour lesquels la sécheresse et les fortes températures pèsent sur la croissance économique en 2026. Par exemple, il est estimé par Agreste (le service statistique ministériel de l’agriculture) une baisse de 35,5 % de la production de maïs grain par rapport à 2025 et une baisse de 42,1% pour le blé tendre du printemps par rapport à 2025 (Infos Rapides Grandes Cultures N°98, Août 2026, Agreste).
Dans l’élevage, les épisodes de chaleur ont également entraîné une surmortalité animale et réduit les disponibilités en fourrage.
Toutefois, il est encore difficile d’estimer le coût global réel puisque l’ensemble des conséquences ne sont pas encore visibles et continueront d’apparaître sur le moyen et long terme. Les estimations actuelles de 16 milliards d’euros mentionnées par le gouvernement rendent principalement compte des effets immédiats sur l’activité et ne comptabilisent pas tous les effets de la chaleur non monétisables.
D’après plusieurs études (Swiss Re Institute, NGFS), la perte de PIB mondial imputée à l’inaction se situerait entre 5 à 20% en 2050 si les politiques ne changent pas et ne se mettent pas en place. En France, d’après la Banque de France (Rapport sur la stabilité financière, Juin 2025), l’inaction ferait diminuer le PIB le 11,4 points de PIB en 2050.
Parmi les conséquences qui n’apparaissent pas directement dans la mesure du PIB, ne sont pas comptabilisés par exemple les effets de la chaleur sur le travail, qui réduit l’efficacité et la quantité de travail fournie, puisqu’elle peut provoquer des difficultés de concentration et une diminution des capacités physiques et cognitives.
A titre d’exemple, dans une étude publiée en 2025, l’OMS estimait la perte de productivité de 2 à 3% par degré au-dessus de 20°C (WHO, 2025, Climate change and workplace heat stress: technical report and guidance). Plus de 2,4 milliards de travailleurs y seraient déjà exposés dans le monde. Les corps sont soumis à rude épreuve et cela a donc des conséquences directes sur les entreprises et leur rentabilité.
Lors d’un bilan de septembre 2026, Santé Publique France estime que plus de 8 000 personnes sont mortes en France en lien avec la chaleur lors des canicules de 2026. (Santé Publique France, 2026, Canicule et santé : excès de mortalité durant l'épisode de canicule du 27 juillet au 20 août 2026)
N’apparaissent pas non plus directement la dégradation des conditions d’enseignement pour les étudiants et les enfants ; ou encore la dégradation des conditions de vie liée à la perte de confort et l’inhabitabilité d’un logement surchauffé.
Enfin, le PIB et la comptabilisation monétaire ne prennent pas non plus en compte la dégradation de la biodiversité, des forêts et des cours d’eau. Tandis que ces milieux nous apportent des services écosystémiques, stockent du carbone, et ont des fonctions protectrices.
Ainsi, les 16 milliards d’euros évoqués pour l’été 2026 ne constituent probablement qu’une partie de la facture climatique. Comme expliqué ci-dessus, derrière ce montant, le changement climatique affecte également les conditions de travail, la santé, l’éducation, le patrimoine des ménages et les écosystèmes dont dépend notre économie : des impacts matériels, humains, sanitaires et environnementaux notables.
Cet épisode permet de nous rappeler collectivement que s’adapter et prévenir coûtera toujours moins cher que réparer les pertes liées aux évènements climatiques extrêmes à venir.
Henri de Castries, PDG d’AXA, disait bien en 2015, en marge de la COP21, qu’« Un monde plus chaud de 4 degrés serait impossible à assurer ». Alors, qu’attendons-nous pour regarder en face les impacts du changement climatique ?
— Et si on parlait maintenant coûts de l’inaction pour votre activité ?
Contactez-nous pour engager une démarche d’évaluation ensemble !
Sources : Caisse des Dépots, CESE, WWF, Assemblée Nationale, Ecologie.gouv, Agreste