Biodiversité urbaine : comment les sites d’entreprise et immobiliers peuvent-ils favoriser la biodiversité locale ?

Oiseau sur une branche enneigée, illustration de la biodiversité locale en hiver.  Préserver la biodiversité locale dans les espaces extérieurs des sites industriels et tertiaires.

Pelouses, arbres, clôtures, éclairage, parkings : les espaces extérieurs des sites industriels et tertiaires représentent autant d’opportunités pour préserver la biodiversité locale. Encore faut-il dépasser la simple végétalisation pour améliorer les fonctions écologiques du site. Comment agir concrètement, sans bouleverser son exploitation ni multiplier les investissements ?

Comprendre la biodiversité pour mieux agir

La biodiversité comprend trois dimensions : la diversité des écosystèmes, des espèces animales et végétales, et la diversité génétique au sein des espèces. Un site industriel, un immeuble de bureaux ou un ensemble immobilier constitue un élément de l’écosystème local. Les oiseaux, insectes et petits mammifères qui le fréquentent doivent pouvoir se déplacer, s’alimenter, se reproduire et trouver refuge.

Or, un espace vert n’est pas nécessairement un espace favorable à la biodiversité. Une pelouse fréquemment tondue, isolée par des clôtures infranchissables, présente souvent moins d’intérêt écologique qu’une haie diversifiée reliée aux espaces naturels voisins. C’est tout l’enjeu des trames vertes et bleues, qui visent à préserver les continuités écologiques permettant aux espèces d’accomplir leur cycle de vie.

Pour une entreprise ou un gestionnaire immobilier, la question est donc simple : quelles fonctions écologiques notre site peut-il remplir dans son environnement ?

Les 6 principaux leviers pour favoriser la biodiversité locale

1. Préserver les arbres et les habitats existants

Les arbres matures, haies anciennes et zones de végétation spontanée constituent des habitats parfois difficiles à remplacer. Un arbre ancien peut notamment accueillir des cavités, des insectes et des oiseaux.

Lors du réaménagement d’un parking tertiaire ou de l’extension d’un bâtiment industriel, la préservation de ces éléments doit être intégrée dès la conception du projet. Un inventaire préalable permet d’identifier les habitats à conserver et d’adapter l’implantation des aménagements.

2. Reconnecter les espaces végétalisés

Les continuités écologiques permettent aux espèces de circuler entre différents habitats. Une parcelle isolée peut ainsi retrouver une fonction écologique en étant reconnectée aux espaces végétalisés voisins.

Dans les parcs tertiaires comme sur les sites industriels, cette reconnexion peut notamment passer par la diversification des haies existantes, leur prolongement vers les espaces naturels voisins ou l’aménagement de passages pour la petite faune dans certaines clôtures, lorsque les contraintes de sécurité le permettent.

3. Adapter la gestion des espaces verts

La gestion différenciée consiste à adapter l’entretien des espaces végétalisés selon leurs usages et leur potentiel écologique. Elle permet notamment de préserver des refuges et d’améliorer les ressources alimentaires disponibles pour les pollinisateurs.

Cette approche peut se traduire par le maintien d’une tonte régulière autour des entrées, des cheminements et des équipements sensibles, tout en privilégiant une fauche tardive sur les espaces périphériques peu fréquentés. La réduction des pesticides et l’adaptation du calendrier d’entretien aux cycles biologiques des espèces contribuent également à améliorer les conditions d’accueil de la biodiversité.

4. Préserver les sols vivants

Les sols abritent une biodiversité essentielle au fonctionnement des écosystèmes. Leur imperméabilisation et leur tassement réduisent notamment leur capacité à accueillir des organismes vivants et à infiltrer l’eau.

La désimperméabilisation de certaines places de stationnement, la création d’espaces de pleine terre ou la limitation de la circulation d’engins sur les zones végétalisées constituent autant de leviers d’amélioration. Sur les sites industriels, ces interventions doivent toutefois prendre en compte les contraintes de circulation, les éventuelles pollutions des sols et la gestion des eaux pluviales.

5. Réduire les perturbations lumineuses

L’éclairage nocturne peut perturber les déplacements, l’alimentation et la reproduction de nombreuses espèces, particulièrement les insectes et les chauves-souris.

La réduction de ces perturbations peut notamment passer par l’extinction des éclairages de façades et des espaces paysagers en dehors des périodes d’occupation, ou par l’adaptation de l’orientation, de l’intensité et des horaires de fonctionnement des luminaires extérieurs. Ces ajustements doivent être compatibles avec les exigences de sécurité et d’exploitation des bâtiments.

6. Anticiper les impacts des travaux d’aménagement

Les projets de construction, de rénovation ou de réorganisation des espaces extérieurs représentent un moment déterminant pour la préservation de la biodiversité.

Dès la conception, privilégier les surfaces déjà artificialisées permet de limiter la destruction d’habitats. Pendant les travaux, la protection des arbres et des sols conservés contribue à réduire les impacts du chantier. Enfin, la restauration des habitats dégradés et le suivi des aménagements permettent d’inscrire les actions dans la durée.

Cette approche rejoint la séquence Éviter, Réduire, Compenser (ERC), qui donne la priorité à la prévention des impacts.

Agir sur site sans perdre de vue l’essentiel

Les actions locales sont utiles, mais elles ne doivent pas masquer les impacts de l’ensemble des activités.

Selon l’IPBES, les changements d’utilisation des terres (notamment liés à l’agriculture mais pas que), constituent le premier facteur direct de dégradation de la biodiversité terrestre à l’échelle mondiale. Pour de nombreuses entreprises, une part importante de l’empreinte biodiversité se situe dans la chaîne de valeur, notamment les matières premières et les approvisionnements. On parlera alors de « biodiversité grise ».

Les actions sur site doivent donc rester proportionnées aux enjeux écologiques réels, en privilégiant les mesures pertinentes, réalisables et mesurables plutôt que les aménagements symboliques.

Intégrer la biodiversité au management environnemental

Pour les gestionnaires d’actifs ou portefeuille d’actifs immobiliers comme pour les exploitants industriels, la biodiversité gagne à être intégrée au système de management environnemental (SME) existant : diagnostic initial, objectifs, procédures d’entretien, responsabilités et indicateurs de suivi.

Les exigences de reporting de durabilité encouragent également cette structuration. La directive CSRD et la norme ESRS E4 prévoient, pour les entreprises concernées lorsque la biodiversité est un enjeu matériel, des informations sur leurs impacts, politiques et actions. Leur champ d’application a toutefois évolué avec les réformes européennes de simplification.

Step one to transition et Bili©: du diagnostic à l’action

Step one to transition accompagne les entreprises, institutions et acteurs immobiliers dans leurs stratégies environnementales. Son équipe pluridisciplinaire mobilise des compétences en économie, ingénierie, écologie, droit et politiques publiques.

Notre démarche privilégie la pédagogie et la montée en compétence des équipes plutôt que la recherche de responsabilités passées : comprendre les enjeux, identifier les marges de progrès et construire des plans d’action opérationnels.

Avec Bili© (Biodiversity Incidence and Local Impact), Step one to transition dispose d’une méthodologie robuste et d’un outil de diagnostic et d’évaluation de la biodiversité des sites et portefeuilles immobiliers. Sa méthodologie multicritère analyse notamment les habitats, les strates végétales, l’occupation des sols, les continuités écologiques et les pressions liées à l’exploitation, afin d’identifier les enjeux et de hiérarchiser les actions.

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