Audit énergétique industriel : un levier de performance, de conformité et de compétitivité

Dans un contexte d’évolution structurelle des prix de l’énergie, de pression sur les marges et d’exigences réglementaires renforcées, l’audit énergétique industriel n’est plus seulement un exercice de conformité : c’est un outil de pilotage stratégique.

Il permet de comprendre finement où, comment et pourquoi l’énergie est consommée, puis de transformer cette connaissance en plan d’actions concret et chiffré. Au-delà des économies, il contribue à sécuriser l’approvisionnement, à réduire l’empreinte carbone et à structurer une trajectoire d’investissement cohérente.

À quoi sert la réalisation d’un audit énergétique ?

Un audit énergétique vise d’abord à objectiver la performance énergétique d’un site : cartographie des consommations, identification des postes dominants (process, utilités, bâtiments, air comprimé, vapeur, froid, moteurs, etc.), et analyse des usages réels par rapport aux besoins. Là où les indicateurs globaux (kWh, facture, intensité énergétique) montrent une tendance, l’audit révèle les mécanismes : pertes, dérives, surdimensionnements, réglages inadéquats, fonctionnement en dehors des plages utiles, manque d’instrumentation.

Il sert à prioriser. Toutes les actions ne se valent pas : certaines sont “quick wins” à faible CAPEX (réglages, automatisme, maintenance, chasse aux fuites), d’autres nécessitent des investissements structurants (récupération de chaleur fatale, modernisation d’installations thermiques, variateurs de vitesse, optimisation du réseau vapeur, refonte du froid industriel). L’audit construit une feuille de route en évaluant gains, coûts, risques, contraintes d’exploitation et temps de retour.

Enfin, l’audit énergétique permet de mobiliser. En industrie, la performance énergétique est transversale : production, maintenance, méthodes, achats, HSE, direction. Un audit bien mené aligne les équipes autour d’un diagnostic partagé et d’un plan d’actions réaliste, compatible avec les impératifs de sécurité, de qualité et de continuité d’activité.

Évolutions réglementaires et évolution des seuils

La réglementation sur l’efficacité énergétique s’est nettement durcie. Cette évolution, liée à l’entrée en vigueur de la directive efficacité énergétique n°2023/1791 du 13 septembre 2023, vise à faire baisser la consommation et obliger les organisations à piloter l’énergie comme un sujet de performance (données fiables, décisions d’investissement, suivi des résultats).

Elle se traduit par une obligation de réalisation d’un audit énergétique à un nombre plus important d’entreprises et un accroissement de la qualité des analyses attendues avec des analyses spécifiques et plan d’action détaillé. En France, la loi DDADUE (promulguée le 30 avril 2025) et l’arrêté du 10 juillet 2025 précisent les règles applicables depuis le 1er Octobre 2025 :

  • on ne raisonne plus principalement en taille d’entreprise, mais en consommation annuelle moyenne d’énergie finale (moyenne des 3 dernières années).

  • Deux seuils structurent désormais le dispositif :

≥ 2,75 GWh/an entraîne un audit énergétique obligatoire tous les 4 ans ;

≥ 23,6 GWh/an impose la mise en place d’un Système de Management de l’Énergie d’ici le 11/10/2027.

Si l’entreprise met en œuvre un Système de Management Environnemental (SME) certifié (type ISO 50001), elle est exemptée de l’audit quadriennal.

Enfin, les attendus se renforcent : l’audit doit être plus rigoureux et déboucher sur des livrables actionnables (analyse technico-économique, plan de mesurage et de suivi, projection pluriannuelle).

Déroulé d’un audit énergétique

Un audit énergétique se déroule en quatre temps et suit une méthodologie clairement définie. En effet, la méthode est cadrée par les normes EN 16247 :

  • EN 16247-1 (exigences générales) : gouvernance, collecte, analyse, restitution ;

  • EN 16247-2 (bâtiments) ;

  • EN 16247-3 (procédés) ;

  • EN 16247-4 (transport).

Le déroulé doit intégrer l’association continue des parties prenantes. Concrètement, cela se structure en jalons : réunion de lancement, points intermédiaires, réunion de restitution, avec validation des hypothèses (données, facteurs de charge, profils d’usage, contraintes d’exploitation).

1) La définition du périmètre  d’analyse :

Le périmètre d’audit doit couvrir au moins 80 % du montant des factures énergétiques acquittées par l’entreprise. En pratique, il faudra viser une couverture au-delà du minimum afin d’intégrer une marge de sécurité. Il s’agira par ailleurs de documenter : :

  • le périmètre retenu (sites, activités, usages),

  • les énergies incluses (élec, gaz, vapeur, fioul, réseaux, etc.),

  • la méthode de consolidation (factures, données de comptage, répartitions internes),

  • la justification des exclusions éventuelles (données indisponibles, faible matérialité, etc.).

2) Visites & compréhension des usages réels

A l’issue de la phase de définition du périmètre d’analyse, des visites sur sites devront être organisées et d’entretiens avec les parties prenantes clés (Energy Manager, Responsable maintenance etc.) seront organisés. L’objectif des visites et entretiens ciblés sont de disposer d’une compréhension précise des usages réels de l’énergie (usage, pilotage des utilisés), du système de comptage, des dérives et pertes ainsi que des opportunités de récupération d’énergie et déploiement d’énergies renouvelables.

Lors de la phase de visites, des campagnes de mesures spécifiques devront être organisées notamment lorsque le système de comptage ne permet pas de disposer d’information précises sur les postes clés (ou spécifiques) de consommations.

A noter : Pour les procédés, l’auditeur doit maîtriser des plans de mesurage et de suivi de l’énergie, en s’appuyant notamment sur la NF EN 17267 ou une méthodologie équivalente.

A l’issue de la visite des premières propositions d’amélioration seront formulées  et classées en 3 catégories : les actions comportementales (actons de formation/sensibilisation et actions de sobriété énergétiques), les actions actions d’exploitations (actions relatives à l’entretien, la maintenance, la régulation et le suivi) et enfin les investissements (remplacement/modification d’équipements).

3) Réalisation des analyses et modélisations spécifiques

A l’issue des visites et de la collecte de données, des analyses et modélisations seront conduites afin de réaliser un bilan énergétique global et calculer des indicateurs de performance énergétique (par usage significatifs). L’arrêté renforce les attendus de compétence et de méthode : les audits s’appuient sur la famille de normes NF EN 16247. Pour la partie bâtiment, des modélisations spécifiques (notamment STD/SED) devront être réalisées.

Les différentes propositions identifiées à l’issue des visites seront analysées et complétées d’actions complémentaires issus d’une revue critique de la documentation transmise et des échanges. Les actions devront être évaluées et hiérarchisées en fonction de l’impact et retour sur investissement.

Enfin, une comparaison avec les meilleurs pratiques industrielles (issues de benchmarks nationaux et internationaux) sera réalisées.

4) Production un rapport orienté décision (hiérarchisation + critères).

Le rapport doit contenir une hiérarchie détaillée des actions/mesures proposées, ainsi que les critères de hiérarchisation. Cette hiérarchisation doit typiquement croiser :

  • gain énergétique (kWh/an) et impact facture (€/an),

  • CAPEX/OPEX, temps de retour, coût de l’énergie évitée,

  • faisabilité technique, contraintes HSE/qualité, besoins d’arrêt,

  • risques (production, sécurité, obsolescence),

  • dépendances (comptage, automatisme, prérequis maintenance).

Dans le cas où des actions/mesures ayant un TRI < 5 ans ne sont pas déployables, une justification explicite doit être intégré dans le rapport.

Enfin le rapport est publié sur la plateforme de l’ADEME. Et le taux d’exécution des actions/mesures doit être suivi. Ce qui permet d’alimenter le rapport RSE/extra-financier de l’entreprise concerné et de disposer de KPIs liés à l’énergie (et les émissions de GES).

Pour tirer pleinement parti d’un audit énergétique industriel, il est important de conjuguer rigueur méthodologique, compréhension des contraintes de production et capacité à traduire le diagnostic en décisions actionnables.

Step one to transition accompagne les industriels dans cette démarche, depuis le cadrage jusqu’à la feuille de route opérationnelle, avec une approche orientée résultats, pragmatique et compatible avec les réalités du terrain. En tant qu’acteur certifié OPQIBI – Audit énergétique industriel,  Step one to transition apporte un cadre reconnu, des livrables robustes, et un appui concret pour prioriser, chiffrer et mettre en œuvre les actions, au service de la performance et de la transition énergétique.